Le lierre grimpant (Hedera hélix) est un allié de l’hiver, un refuge pour la faune, une ressource pour les abeilles tardives, une protection naturelle pour le sol et les arbres. Il accompagne aussi les gestes simples du quotidien, comme la fabrication d’une lessive végétale accessible et respectueuse de l’environnement.
Souvent méconnu ou accusé à tort, il mérite que l’on redécouvre son rôle et ses usages.
Une plante persistante au cœur de l’hiver
Le lierre grimpant traverse les mois froids avec une force étonnante. Ses feuilles épaisses résistent au gel et captent la lumière la plus faible. Alors que les arbres se dénudent, le lierre offre au regard une présence verte, rassurante et constante.
On croit souvent qu’il étouffe ou qu’il affaiblit les arbres, mais cette idée est fausse. Le lierre n’est pas un parasite. Il ne prélève pas la sève. Ses véritables racines sont dans le sol, où il puise toute son alimentation. Les petites racines visibles sur les troncs n’ont qu’un rôle d’ancrage.
Pourquoi le lierre grimpe-t-il ?
Dans les haies et les sous-bois, la lumière se fait rare au sol. Le lierre recherche activement la lumière du soleil dont il a besoin pour vivre, et utilise les troncs ou les murs comme des échelles naturelles pour s’élever. Il ne s’appuie pas sur l’arbre pour se nourrir, mais uniquement pour gagner la lumière.
Un arbre en bonne santé ne souffre donc pas de sa présence. Au contraire, l’épaisseur de son feuillage peut adoucir les variations thermiques sur l’écorce et offrir un refuge précieux à de nombreuses espèces.
Un refuge essentiel pour la faune en hiver
Lorsqu’arrivent les mois les plus froids, le lierre devient un habitat d’une importance capitale.
Les oiseaux s’y réfugient pour la nuit ou en cas d’intempéries : rouges-gorges, merles, troglodytes, mésanges trouvent dans sa masse végétale une protection contre le vent et les prédateurs. Au sol, ses tiges rampantes créent un manteau végétal sous lequel se glissent insectes et petits mammifères. Ce tapis protège l’humidité, tempère les chocs climatiques et maintient une vie discrète mais intense tout l’hiver.
Fleurs tardives et baies d’hiver : une ressource vitale
Le lierre possède une particularité rare : il fleurit tardivement, parfois jusqu’à l’automne avancé. Ses fleurs riches en nectar deviennent alors un ultime soutien pour les abeilles et certains insectes encore actifs. Peu d’autres plantes offrent cette manne si tard dans l’année.
Ses baies, toxiques pour l’humain sont parfaitement adaptées aux oiseaux, arrivent à maturité en hiver. Elles constituent une source d’énergie cruciale, d’autant plus précieuse qu’elle survient lorsque tout le reste manque.
La lessive végétale au lierre
Parmi les usages les plus intéressants du lierre figure la fabrication d’une lessive végétale naturelle, simple, économique et entièrement biodégradable. Les feuilles du lierre contiennent des saponines, des molécules végétales aux propriétés moussantes et nettoyantes. Leur concentration est plus forte dans les feuilles adultes, épaisses et foncées.
Recette traditionnelle de la lessive au lierre
Cette lessive est parfaitement adaptée au linge courant, aux tissus délicats et à une démarche écologique simple et respectueuse.
Préparation :
- Cueillir une centaine de feuilles fraîches de lierre grimpant (Hedera helix)
- Les couper grossièrement
- Placer les feuilles dans une casserole avec 1 litre d’eau.
- Porter à ébullition, puis laisser bouillir 10 à 15 minutes, à couvert.
- Laisser infuser 12 à 24 heures hors du feu.
- Filtrer soigneusement.
- Stocker dans un bocal propre, à l’abri de la lumière.
Utilisation :
- Environ 150 à 200 ml pour une machine de linge.
- Pour les taches tenaces, un détachage préalable reste généralement nécessaire.
- La lessive se conserve environ 2 à 3 semaines au frais.
Pour celles et ceux qui souhaitent découvrir les plantes sauvages et leurs usages, je propose des balades et des ateliers dédiés à la transmission de ces savoirs vivants.



